Ethique et shopping ?

Comme tu as pu le remarquer, même si c’est ta première visite ici,  notre webzine est orienté vers un mode de vie doux, sain et éthique, pour nous mais aussi pour notre environnement. Dans ce sens, la catégorie « s’interroger » va servir à se poser des questions sur notre impact dans le monde, sur notre place dans la société et notre rôle de citoyen.

Et on va commencer par quelque chose qui est souvent très féminisé : le shopping !

♫ Everybody knows that the dice are loaded…

Je vais en guise d’introduction te donner des pistes de réflexion sur l’industrie de la mode. Ce que je peux déjà te dire, de manière très simplifiée, c’est que 97% des vêtements sont produits dans des pays en voie de développement et que nos vêtements coûtent de moins en moins cher.

Pour se faire, les industries ou les marques font pression sur des ateliers de fabrication dans des pays comme l’Inde, la Chine, le Bangladesh, en faisant jouer la compétition. En demandant des prix de fabrication bas pour maintenir un prix de vente faible, les marques poussent les ateliers à choisir entre deux solutions : fermer et ne plus avoir de travail pour vivre, ou faire des économies pour pouvoir avoir le contrat, et l’économie est généralement faite sur la sécurité et les conditions de travail de leurs ouvriers.

♫ …Everybody knows the good guys lost…

Les ouvriers travaillent donc dans des conditions dangereuses avec des risques de catastrophes en usines, mais ils sont obligés d’y travailler car il n’y a pas d’alternatives dans leur pays, et le pays ne proposera pas d’autres alternatives tant que cela générera de l’argent.

L’exemple le plus cité est l’effondrement du Rana Plaza au Bengladesh en 2013 causant plus de 1 000 morts. Mais pourtant, suite à cet accident, la rentabilité de l’industrie de la mode n’a pas baissé, ce fût même le contraire avec une année record.

♫ …The poor stay poor, the rich get rich…

Une autre piste de réflexion est la toxicité de ces vêtements et les impacts sur notre environnement et notre santé. Le coton devient un OGM pour qu’ils puissent garder le rythme de l’intensification de la production, pour cela on pulvérise aussi par avion du Roundup en quantité monstrueuse sur les champs.

♫ ….Old Black Joe’s still pickin’ cotton…

Les conséquences ? Mise à part l’appauvrissement des sols on voit apparaître cancers et maladies mentales à proximité des champs et des lieux de production. Dans certains villages de la région du Punjab en Inde, on observe plus d’une cinquantaine d’enfants victimes de retard mentaux et, à cause de la pression faites aux agriculteurs, des grandes vagues de suicide se succèdent.

Première étape !

♫…And everybody knows that it’s now or never…

Ceci n’est qu’un petit nombre de conséquences par rapport à toutes celles qui sont provoquées par l’industrie de la mode, mais comme l’alimentation et le mode de vie, le meilleur moyen d’ouvrir les yeux est de voir par soi-même.

Garde en tête que si tu achètes par simple plaisir et que tu achètes des vêtements à prix bas simplement pour pouvoir en acheter plus, tu participes à la pollution, à la propagation des maladies, aux morts, à l’exploitation. En acceptant d’acheter, on devient complice. C’est un peu dur à entendre, mais la loi de l’offre et de la demande existe bel et bien. Si on n’arrête d’acheter des produits provenant de ces industries, ils n’auront pas d’autres choix que de prendre exemple sur les industries qui produisent éthiques. Notre choix est donc primordial.

Et un GIF cute pour détendre un peu l’atmosphère ! :)Et un GIF cute pour détendre un peu l’atmosphère ! 🙂

La 1ère étape du chemin vers une mode responsable commence donc par s’interroger sur ce commerce, sur les intérêts des grandes industries, sur le BIG BUSINESS. Cherche l’information, lis, regarde, réfléchis ! Et passe à la seconde étape !

Seconde étape !

La mode est devenue éphémère, on parle aujourd’hui de fast-fashion. Il est possible de voir plus de 50 saisons en une année. On jette des vêtements sans se poser aucunes questions. On traite les habits comme des produits périssables, qui s’épuisent. Un américain jette 37 kg de textile par ans en moyenne. Mais la mode ne devrait pas être pour nous une simple consolation.

Il faut réapprendre à consommer selon nos besoins réels et à aimer nos vêtements, les considérer comme des objets durables dans le temps pour sortir d’une consommation de masse et de mauvaise qualité.

Depuis que j’ai commencé à voyager, je me suis rendue compte de l’attachement qu’il était possible d’avoir pour certains objets, comme ce foulard ramené du Laos, un foulard dont j’ai vu la production et sa productrice.  

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Un vêtement de bonne qualité, acheté dans un joli endroit, qui ne fait de mal à personne sera d’autant plus beau qu’un vêtement acheté à la va vite dans un H&M et jeté deux mois après.

On dit souvent que l’on est ce que l’on porte, que le vêtement est la deuxième peau que l’on choisit de porter. Alors achète de la qualité, pour être une personne de qualité.

Dominique Loreau dans « L’art de la Simplicité » nous dresse une liste de la garde-robe idéale autours du chiffre 7. Notre armoire devrait comprendre 7 hauts, 7 bas, 7 paires de chaussures etc… Avant de craquer sur une envie d’acheter un vêtement, demande toi si tu en as vraiment besoin, si l’objet que tu veux acheter est de bonne qualité, si tu vas l’aimer sur un long terme, ou simplement l’aimer parce que tu as subit l’influence d’une mode éphémère ?

Troisième étape!

Ensuite on passe à la consommation pure, la troisième étape consiste à lire les étiquettes et à boycotter certains pays pour faire apparaître ton refus d’exploiter les pays en voie de développement, commence par te renseigner sur les droits de travail de certains pays, limite-toi aux pays Européens ou au pays où tu sais que les conditions sont acceptables.

Il faut apprendre à lire les étiquettes et comprendre que l’objet n’est pas constitué seulement par son apparence, mais forme un tout : sa matière, sa coloration, ses méthodes de fabrication, l’objet a voyagé, il fait partie d’un processus très particulier de fabrication. En gros il a vécu !

Puis consomme local, le fameux made in France.

Beaucoup diront que le made in France est cher, mais lorsqu’on réduit notre consommation, qu’on résiste à la mode éphémère, les économies gagnées peuvent permettre l’achat de produits plus chers, de qualité et made in France. Le but est là, achètes moins mais mieux ! Et bien sûr fais attention, il y a une différence entre une entreprise qui fait tout sur le sol français, et une marque comme Naf Naf qui possède quelques pièces Made in France parce que le dernier bouton a été cousu en France ! Donc encore une fois, il faut prendre du temps et se renseigner le plus possible ! Courage, après ça deviendra un jeu d’enfant!

Voici une petite sélection de vêtement made in France qui me font baver ! 

marques_shopping_ethique

Vous pouvez aussi choisir des marques éthiques non Made In France, des marques ayant fait le choix de prouver qu’il est possible de créer de manière équitable, des marques proposant du coton ou des matières végétales biologique et fabriquées dans le respect des ouvriers. 

marques_ethique_shopping copie

Quatrième étape


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La cinquième étape est d’acheter Vegan pour lutter contre la maltraitance des animaux et le non respect de l’environnement. Comme tu vas vite le découvrir, je suis végane et le sort des animaux me préoccupe tout autant que celui des humains et celui de l’environnement. La production de vêtement est la cause de nombreux massacres et tortures d’animaux partout dans le monde. Il faut donc ne plus consommer de laine, de cuir, de soie et bien sûr de fourrure! et privilégier les matières comme le coton ou le lin bio

Je t’invite vivement à regarder les différentes vidéos de l’association PETA , ainsi que le film « Earthlings » pour que tu puisses te rendre compte de l’horreur.

Afficher l'image d'origineIl faut faire attention notamment aux marques comme Ekyog qui vendent de l’angora soit disant éthique, malheureusement, lorsqu’il est question d’élever des animaux simplement pour s’en servir superficiellement, ce ne peut pas être éthique. Donc Ekyog c’est bien mais pas encore parfait (si tu veux agir, envoie un petit message sur le site pour leur demander d’arrêter d’utiliser de l’angora! )

Cinquième étape !

Enfin, le Graal : sortir complètement du marché et acheter d’occasion !

Afficher l'image d'origineSi tu n’as pas encore fait tes achats dans une friperie ou acheté des vêtements sur le boncoin, tu dois sûrement avoir la même peur que j’avais : ça doit être sale, vieillit, c’est dégoûtant !

Mais il y a peu j’ai osé sauter le pas et acheter quelques articles sur le site VINTED et surprise ! Les vêtements sentaient bon ! Et depuis je suis devenue accro ! Cela me permet de me faire des petits plaisirs, sans trop avoir ma conscience qui me sermonne, et il est possible de trouver de superbes occasions, comme un pull Ekyog trouvé pour une vingtaine d’euros !

Le must est bien sûr de recycler tes habits et des les transformer, les coudre toi même pour ajouter un peu de créativité et de personnalisation à tes vêtements. Moi je ne suis pas très douée mais je te laisse regarder dans la section Créer, Camille fait de magnifiques choses ! 

Sur le chemin de l’éthique, je ne suis pas encore arrivée au complet dépouillement et minimalisme que prône Dominique Loreau, mais j’y approche doucement ! J’alterne entre Ekyog (parce qu’il y a une boutique à Strasbourg <3 ), des achats coup de cœur dans des boutiques de créateur/trices locales, des coups de cœurs durant mes voyages à la source de production et l’occasion. Dès que j’ai une envie spécifique, je mets du temps à trouver la perle rare pour être sûre que je vais l’aimer d’amour et le garder longtemps.

Et maintenant c’est à toi ! Qu’en penses-tu ? As-tu déjà fait attention à tes achats ? As-tu des bons conseils à nous partager ?!