Ca y est, les neuf mois se sont écoulés et il est temps de revenir sur le dernier trimestre de ma grossesse. J’ai préparé cet article avant l’accouchement et je n’ai eu qu’à le finaliser. J’ai un peu traîné mais la naissance un peu plus tôt, les premiers jours à découvrir son bébé etc, je n’avais pas trop la tête à ça. Notre petite puce est donc née le 18 décembre dernier, je parlerai prochainement de ce moment si particulier. En attendant, place au troisième trimestre, les trois derniers mois d’une grande aventure !

Les derniers mois sont ceux de beaucoup de préparatifs ! comme parlé dans l’article en t’attendant il y a la chambre, la déco, les affaires, la valise etc. Bref, c’est le moment où tout se concrétise.

 Garder une trace

J’ai toujours eu besoin de garder une trace des choses, avoir des souvenirs impérissables, pouvoir immortaliser les moments. J’ai longtemps hésité et je me suis décidée à faire appel à un photographe pour garder des souvenirs de qualité de ces neufs mois en plus des photos que nous prenions comme ça. Après avoir fait le tour nous avons contacté une photographe de la région pleine de talent, Vanessa Moselle.

Je suis bien heureuse d’avoir fait ce choix. Aujourd’hui j’ai un dossier avec plein de belles photos de moi/nous qui resteront, qui seront là demain mais aussi dans plusieurs années. Parce qu’il était important pour moi de pouvoir me souvenir pour toujours de ces instants, de nous.

Un trimestre doux

J’imaginais le 3ème trimestre comme une véritable épreuve. On entend tellement de choses lorsque l’on est enceinte et pour la dernière ligne droite on te prévient : tu vas être fatiguée, t’auras mal partout, t’en auras marre. Je m’imaginais déjà comme toutes ces choses que l’on m’a décrite : fatiguée, me traînant, prenant 10 kg supplémentaires à la fin en m’avachissant sur le canapé avec des gâteaux à crier “qu’on me le sorte !”. Non mais franchement c’est quoi ce truc d’aimer faire peur aux femmes enceintes et tout dramatiser ? Merci les clichés…

Un mois avant mon terme j’allais encore à la piscine pour nager, certes plus doucement que d’habitude, mais toujours plus vite que le type d’à côté. J’ai beaucoup marché jusqu’à la toute fin, jusqu’à 7km certains jours et ça m’a fait un bien fou. J’ai travaillé jusqu’au bout et sans congé pathologique, car c’était important pour moi de garder un rythme le plus longtemps possible. Je me suis sentie forte, énergique, et courageuse. J’avais l’impression de pouvoir soulever des montagnes. Alors voilà, je suis fière de moi, ça m’a permis d’être sereine. Sereine, peut-être trop ? En tout cas pour le moment ça fonctionne à merveille.

Le dernier mois c’est se réveiller chaque matin sans savoir si la journée se terminera à deux ou à trois.
Imaginer ce petit être et les moments qu’on passera ensemble. Commencer à se rendre compte que c’est pour de vrai, qu’on sera vraiment une petite famille-tous-les-jours et pour-toujours.

Arrivée au terme de ces neuf mois plutôt que de vouloir à tout prix que ça s’arrête, j’aurai plutôt envie de dire “on peut pas me la laisser encore un peu pour moi ?”. Parce que si tout le monde à hâte que bébé arrive, pour moi elle est déjà là, je sens notre lien lorsqu’elle bouge et que je joue avec ses pieds qui tapent, toujours sur le côté droit. Je sens qu’elle est là lorsqu’elle a le hoquet à répétition et que je sens ses sursauts. Je sens à quel point elle sera calme et douce à la façon qu’elle a de bouger et aux phases de sommeil et d’éveil. Bref, je ne sais pas à quoi tu ressembles petit bébé, mais tu es déjà avec moi, et je t’aime déjà !

J’en avais parlé lors de l’article sur le 2ème trimestre, mais ces instants sont d’autant plus précieux parce qu’ils sont échangés avec le futur papa. Voir l’homme que j’aime devenir père, se projeter dans notre vie à trois, être à l’écoute et me montrer sa confiance… Je retombe, encore et encore, chaque jours, amoureuse.

Comme du reste de la grossesse je garde de ces derniers instants enceinte des souvenirs doux et ça restera pour moi une période dont je me souviendrai toujours avec sourire.

Un programme chargé !

La dernier trimestre au niveau des rendez-vous on sent que les choses s’accélèrent et que le jour approche. Déjà, en plus des contrôles mensuels, il y a la dernière échographie officielle. Celle où l’on contrôle que bébé va bien, dans une bonne position et qu’il lui reste assez de place et un bon environnement pour aller jusqu’au bout. Cette échographie s’est passée à merveille et comme à chaque fois ça a été un moment très intense, on ne voit plus bébé en entier mais chaque petit morceau que l’on devine nous fait fondre.

J’ai commencé les cours de préparation à l’accouchement, j’ai choisi une partie en piscine et l’autre en cours théoriques. J’ai beaucoup aimé la piscine car ça permettait de bien m’étirer et soulager les petits bobos notamment du dos, mais aussi parce que c’était un moment convivial avec d’autres futures mamans. Les cours théoriques c’est du très classique mais c’était important pour moi d’avoir bien toutes les informations sur ce qui allait se passer et ça m’a aidé à rester sereine. Avoir les détails me donnent toujours l’impression de mieux maîtriser la situation.

Enfin les cours d’acupuncture se sont rapprochées pour soulager un peu le dos et préparer le terrain, pour finir le dernier mois avec l’assouplissement du col. J’ai aussi fait une petite séance d’ostéopathe qui m’a fait beaucoup de bien.

Bref, ajouté à cela le rendez-vous avec les anesthésistes etc… le programme était un peu chargé mais c’était agréable de vivre pleinement tout ça, de prendre le temps pour ma grossesse et me projeter dans notre future vie à trois.

Un bébé d’hiver

Quand j’ai calculé que bébé sera un bébé d’hiver j’ai trouvé ça un peu dommage : j’ai toujours trouvé qu’une femme très enceinte en été avec une robe légère était magnifique. Puis cet été j’avais déjà mon ventre bien rond pour me sentir enceinte en maillot sur la plage et pas juste grosse. Et je me suis rendue compte que l’été au deuxième trimestre était plutôt sympa mais je m’imaginais mal à la fin sous une telle chaleur ! Et ça a bien été le cas. Avoir le fin de grossesse en automne/hiver a été super. Déjà ce sont des saisons que j’aime tout particulièrement pour leur côté cocooning, mais en plus ne pas souffrir de la chaleur est un vrai confort. Malgré les températures fraîches j’ai pris plaisir à marcher régulièrement en m’habillant un peu et m’aérant ainsi avec plaisir. Et les autres moments à cocooner n’ont que plus de charme en fin d’année.

Après il y a quand même le côté stressant de l’approche des fêtes. D’un côté le plaisir d’être à la maison en congé pour préparer les cadeaux, couver et préparer toutes ces belles choses. De l’autre avoir une date prévue d’accouchement le 28 décembre signifie ne pas savoir : si l’on sera 2 – 3 ou pas présent du tout à Noël et autres événements de saison, d’autant plus que le programme est chargé. Nous verrons !

Pas encore mère, déjà jugée

Recevoir des conseils me fait plaisir et peut être enrichissant ! Il y a des personnes avec qui j’adore parler de tout ça. Mais sur la fin j’ai beaucoup de mal à comprendre qu’on essaye parfois de m’imposer des choses ou pire, essayer de me décourager. J’aimerais qu’on me laisse essayer, me planter, réussir, ajuster, découvrir, vivre tout ça pleinement. Certains ont déjà eu des enfants, pensent surement aider et ça doit partir d’un bon sentiment. Mais suis-je moins légitimes qu’eux pour savoir ce qui est bon pour mon enfant à naître / notre vie de famille ? sachant qu’en matière de maternité c’est à chacune de faire son chemin ? Alors voilà j’hésitais à en parler ici mais ça a quand même fait partie des choses qui ont ponctué cette fin de grossesse et je pense que beaucoup d’autres ont aussi vécu ça.

La péridurale : je souhaite essayer d’accoucher sans péridurale mais me réserve le droit de la demander si je sens que je ne gère pas : pour beaucoup c’est inconcevable et je n’y arriverai jamais, parce que je vais souffrir ou que c’est “n’importe quoi” surtout “quand on a droit à la médecine actuelle”. Merci pour le soutien.
L’allaitement : j’aimerais l’allaitement exclusif dans l’idéal jusqu’à trois mois. Puis tirer parfois le lait pour que le papa puisse la garder occasionnellement le temps si je dois sortir. J’aimerais peut-être allaiter plus de 6 mois,  durant la diversification. A priori et malgré les recommandations, jusqu’à 3/6 mois c’est bien, mais plus c’est malsain. Puis j’aurai surement des difficultés à allaiter… encore merci pour les soutiens.
L’alimentation : bébé n’est pas encore née, n’a pas de dents, mais a priori c’est un sujet super important : “est ce que bébé mangera de la viande ?”. Ou mieux : “elle mangera de la viande”. Pourtant c’est à nous de choisir et avec le papa sommes d’accord : à la maison nous ne cuisinons pas de viande. Le personnel médical n’a aucun problème avec ça. Puis leur espoir “Et à l’extérieur ?” et bien elle n’en mangera pas non plus, comme moi. Quand elle sera assez grande pour le décider et si elle en formule l’envie je le respecterai. Que chacun regarde dans son assiette.
La garde : je me suis donnée la chance (j’en reparlerai) de pouvoir garder bébé moi-même et j’en suis ravie. Mais a priori il faudra que je la fasse garder régulièrement. Parce que c’est comme ça que ça se fait. Que ne pas la faire garder ne serait pas normal… même si on n’en a pas besoin. Peut-on laisser ce bébé arriver, nous laisser vivre ces mois si particuliers et voir ce qui nous convient le mieux ?
Et le reste : et ensuite on va dans les petits détails ou chacun ramène sa science et sa théorie en étant plutôt catégorique sur les pleurs du bébé ou encore : coque ou nacelle ? tour de lit ou non ? table à langer ? etc. Sans parler des histoires glauques qu’on me raconte sur des accouchements qui se passent mal ou sur la mort prématuré du nourrisson…

Alors voilà, j’aimerais tellement qu’on me fasse confiance, me faire ressentir que je vais assurer avec notre bébé, plutôt que se sentir jugée et pas à la hauteur avant même de serrer son enfant pour la première fois. Je sais que j’ai tendance à être très sensible, et même si ça paraît cul-cul j’aime cette partie de moi. Donc franchement, un peu de bienveillance dans ce monde de brute, ça ne ferait pas de mal non ? Faut-il préciser que le papa, lui, on lui fou la paix ?

Anecdotes :

  • “Oh tu n’as pas beaucoup pris pour quelqu’un enceinte de 9mois ! – Oui enfin 17kg quand même – Ah ouai ? c’est dingue” ça fait plaisir de ne pas se sentir trop difforme et énorme même à deux semaines de la date prévue d’accouchement.
  • Sentir et regarder bébé bouger est tout aussi magique à 8 mois que la première fois. Et jouer avec ses petits pieds qui appuient sur les côtés est un moment hors du temps <3
  • J’aime lorsque le futur papa prends le temps de caresser mon ventre, lorsqu’il fait un bisou ou parle à bébé. J’ai l’impression que ce sont des instants précieux et que le temps s’arrête…
  • Tu vois la date arriver et tu te dis : mais j’ai encore 1000 choses à faire !
  • Puis un jour tu te rends compte que tu as tout fini… Et c’est d’autant plus stressant.
  • Acheter les meubles, les monter, remplir cette pièce vide par des choses si mignonnes… je fonds !
  • D’un côté beaucoup de monde me trouve rayonnante enceinte. Je ne vois pas tant que ça la différence mais j’accepte avec plaisir le compliment !
  • De l’autre côté mon chéri m’a appelé “le petit troll” l’autre jour parce qu’en mettant mon jogging pour traîner un peu à la maison le soir j’ai la capuche qui m’est tombé sur la tête et un morceau de bidon qui dépassait de ce sweet confortable mais pas adapté à mon gros bidon ! Glam…
  • Tu te rends compte qu’il y a beaucoup de cliché sur le dernier trimestre : “tu ne pourras plus lasser tes chaussures, ni te baisser” bla-bla. Je trouve que c’est un peu un mythe surtout lorsqu’il y a aucun soucis médical. En tout cas personnellement je sens que j’ai perdu en souplesse et en possibilité de mouvements mais je peux continuer à tout faire normalement. Plus lentement mais normalement.
  • On entend beaucoup de femmes enceintes dire que bébé les réveille la nuit en bougeant. Pour ma part c’est l’inverse ! Elle bouge bien lorsque je vais me coucher le temps qu’on caresse un peu le ventre et nous endormons mais ensuite elle doit dormir à poing fermé puisque les seules fois où elle bouge c’est lorsque je me lève pour la pause toilettes ou si je me retourne un peu brusquement. En gros c’est moi qui réveille bébé, oups !
  • Elle dort d’ailleurs si bien qu’au dernier rendez-vous d’acupuncture où je suis toujours sous monito la sage femme m’a dit “le tracé est trop régulier, il faut que vous la réveilliez sinon je dois vous garder”. Je lui ai expliqué que le matin elle dort toujours et bouge l’après midi, et ça n’a pas été facile ! J’ai du titiller le ventre, chanter pour les vibrations et changer de positions toutes les 5min. Il m’a quand même fallu 15min pour qu’elle émerge. Une future lève tard ? J’en ai bien l’impression !
  • Toujours sur le thème du sommeil, lorsque je me retourne dans le lit je me demande comment fait Kevin pour ne pas se réveiller car j’ai l’impression de déplacer une montagne pas super gracieuse.
  • Monter les deux étages pour rentrer chez moi ? Facile ! il faut juste ne pas espérer que je puisse enchaîner correctement une phrase après, laissez moi reprendre mon souffle !^^
  • Elle est dans la même position depuis le 5ème mois. Comment je le sais ? Lors de l’écho il m’a expliqué où était la tête et où étaient les pieds. Depuis chaque mouvement est au même endroit, aucun changement, toujours ta tête en bas et les pieds contre mon flanc droit. A priori c’est souvent le cas pour les premières grossesses, moi je trouve ça assez intriguant et rigolo, je sais donc où la taquiner pour la faire réagir et ce que je sens quand elle bouge ! <3
  • J’ai déjà dit à quel point j’ai aimé être enceinte et suis heureuse de ces petits instants qui n’annoncent que de belles choses à venir ?