Je ne rentrerai pas dans le détail technique de mon accouchement à proprement parler ici, mais je n’ai pas encore parlé du jour de la naissance de Lucie. Simplement car j’ai préféré profiter de ces six premiers mois avec elle quitte à passer moins de temps ici. Pour cette date toute particulière, une demi-année, j’avais donc envie de partager ces lignes avec vous.

Je suis devenue un peu maman le 12.04.2017 quand un « yes » s’est affiché sur mon test de grossesse. Je suis devenue un peu maman le jour où je t’ai découverte sur l’écran de l’échographie. Le jour où je t’ai senti bouger pour la première fois. Et chaque jour en posant ma main sur mon ventre.
Je suis devenue maman avant même ta naissance. 9 mois de grossesse est la durée idéale pour se préparer à devenir mère, juste le temps qu’il faut. La grossesse m’a donné de la force, plus l’accouchement approchait et plus je me sentais sure de moi.

Faire le choix de passer du couple à la famille. Multiplier son amour plutôt que le garder pour soi. Prendre un risque. Changer son quotidien. Et encore et toujours, miser sur l’amour. Alors bien sur ton papa et moi nous sommes promis de ne pas oublier qui nous étions avant. Que nous continuerons à nous souvenir quels étaient ces deux personnes, heureux et amoureux qui ont décidé d’ajouter encore plus d’amour à leur foyer. Évoluer et ne pas se perdre, je pense qu’il s’agit là d’un challenge mais qui en vaut la chandelle. Aujourd’hui, six mois après, je peux dire que cet équilibre avec ton papa nous ne l’avons pas perdu, et que je suis même retombée amoureuse en le regardant devenir père.

Le 18.12.2017 à 19h17 tu pousses ton premier cri. Il y a maintenant 6 mois. Et notre rêve de construire une famille est devenu réalité.

Il aura fallu une 20aine d’heures de travail, le tout avec le soutien inébranlable de ton papa. Malgré la fatigue je n’avais qu’une chose en tête, te rencontrer, pouvoir te voir. Alors quand j’ai senti que ça y est, tu étais là, j’ai tendu les bras vers la super-infirmière qui m’avait accompagné et je t’ai prise dans mes bras. Tu étais toute rouge, toute chaude et tu as poussé ton premier cri. Un cri discret, juste pour nous dire que tu étais là, que tout allait bien. Je t’ai prise contre ma peau, j’ai regardé ton papa. Nous avons ri et pleuré à la fois. La fatigue et la douleur ont été balayés, tu étais là, parfaite. Il s’agit de la plus belle émotion qu’il m’est arrivé de ressentir. Celle de l’amour intense, du bonheur. J’avais l’impression que ma poitrine n’allait pas être assez grande pour supporter quelque chose d’aussi grand au point d’en trembler. Alors j’ai continué à rire et pleurer pour exprimer cette joie. Quelque chose que je ressens encore chaque jour lorsque je pose mes yeux sur toi. Tout comme à cet instant, alors que je me replonge dans ce souvenir. Tu es restée longtemps contre moi, tu t’es apaisée et ensuite tu as cherché mon sein. Je t’ai donné à manger pour la première fois. Lorsque tu tétais je me disais simplement que je n’avais jamais rien vu d’aussi magnifique. Mon corps venait de donner la vie et il te nourrissait. Tu me semblait à la fois si grande et si petite, je te trouvais si pleine d’énergie, tu ouvrais déjà les yeux et je m’y suis perdue. Tu es ensuite allée contre ton papa, lui aussi est tombé instantanément amoureux de toi. En regardant ses yeux posés sur toi je ne pouvais être plus heureuse, avec toi notre famille était née.

On m’a dit « tu verras les deux premières nuits » et tu as dormis comme un ange, un léger sourire aux lèvres, je ne savais même pas que c’était possible. Puis on m’a dit « tu verras quand tu rentreras de la maternité » et tout s’est si bien passé. On m’a ensuite mis en garde pour tout : les coliques, les pleurs de décharges, les dents. Et toi tu continues comme tu le fais si bien, à être ce bébé si heureux. Je mentirais en disant que parfois ce n’est pas un peu fatiguant d’être maman, que tu n’as pas besoin des bras tout le temps. Mais en fait, quoi de plus normal pour un bébé ? Alors moi quand je te vois je me dis qu’en fait, on fait bien de ne pas écouter les autres, et qu’on suit notre rythme. Que m’adapter à tes besoins fonctionne à merveille, que tous les trois on forme une équipe du tonnerre.

Voilà donc comment tu es arrivée dans notre vie. Tout en douceur et en bonheurs. Et depuis chaque jour est un souvenir nouveau que je savoure. Parfois j’aimerai appuyer sur pause, bien entendu tu grandis trop vite pour mon cœur de maman. Mais en même temps je m’émerveille tellement en te voyant évoluer d’un jour à l’autre.

6 mois de toi. Bébé, Poupala, Dinosaure, Lucie.