Seule une de mes ruche était suffisamment forte pour produire du miel puisque c’est ma première année d’apiculture et que j’ai reçu ma seconde colonie alors que la saison était bien avancée et devait donc se renforcer. Je l’ai donc laissée “vivre sa vie” pour ne pas la fatiguer. La première par contre, acquise dès le début de la saison, a profité du beau temps et a rapidement été suffisamment forte pour produire du miel.

Je vais essayer de vous raconter au maximum comment s’est passée ma première récolte de miel, en essayant de vous expliquer tout ce qu’il y a autour également. Il faut savoir qu’il y a autant de méthode que d’apiculteur. Aucune méthode n’est forcément meilleure que l’autre. Ce que j’essaie de faire de mon côté c’est faire au mieux pour mes abeilles.

Récolte-t-on tout le miel ?

Beaucoup pensent que nous apiculteurs prenons tout le miel à nos abeilles. Certains le font peut-être, mais ce n’est pas ce que j’ai appris et ce que je veux faire. Ainsi vous allez avoir le corps de la ruche : le premier “bloc” dans lequel est la reine, la colonie avec le couvain (les oeufs et larves) et du miel. Au début de la saison lorsque la colonie a été assez forte et le corps suffisamment chargé en miel j’ai ajouté une hausse. Son format est moins haut que le corps pour mon type de ruche (Dadant) et j’ajoute entre une grille à reine : une grille qui empêche la reine de monter dans la hausse. Ce n’est pas obligatoire mais ça évite que la reine ne ponde dans les cadres où sera stocké le miel extrait et donc ne mette d’impuretés. Ça permet également de savoir où est la reine et ne pas la déranger lors de manipulations éventuelles dans la hausse. Des hausses on peut en rajouter autant que besoin, tout dépend des années, de la colonie, du temps, des floraisons, de la chance. Lorsqu’on rajoute une nouvelle hausse on la met entre celle déjà en place et le corps.

Je ne récolte le miel que dans les hausses. Les cadres de miel du corps y restent pour qu’elles aient du stock à manger d’autant plus pour l’hiver.

Pour cette saison j’ai pu installer 3 hausses sur ma ruche. J’ai extrait 2 d’entre elles qui m’ont donné 24kg, et la dernière, presque pleine (j’estime 8-10kg), je leur ai laissées. Je précise que ce n’est pas obligatoire du tout mais 2 hausses pour ma consommation était largement suffisant, alors autant leur en laisser un peu. D’abord pour qu’elles puissent faire le plein avant l’hiver pour leur donner moins de sirop, puis je l’ai sortie et mis de côté pour leur remettre et les stimuler au printemps. J’aurai pu leur laisser pour l’hiver au lieu de compléter au sirop mais je l’ai enlevé pour deux raison : La première à cause du traitement anti-varroa que j’ai mis pour 10 semaines et que je ne veux pas retrouver dans la cire des hausses. La seconde car elles avaient déjà un sacré stock pour l’hiver et que j’ai donc eu peu besoin de compléter en sirop. Ainsi je préfère réserver le reste leur miel pour leur donner au printemps. J’ai pu garder cette hausse en réserve pour elle car l’année était exceptionnelle en terme de productions et que j’avais assez, je verrai les prochaines années si je pourrai refaire ainsi ou non. Dans le cas contraire l’essentiel est qu’elles aient suffisamment de stock pour l’hiver et donc ne pas toucher au corps et éventuellement nourrir à l’automne.

Quand récolter le miel ?

Toute la saison. En fait il n’y a, comme souvent en apiculture, pas de règle. Certains vont récolter à chaque floraison pour différencier les types de miels (acacia, montagne,…) mais pour ma part j’ai préféré laisser mes abeilles tranquilles et tout récolter à la fin de la saison, fin août, en une fois. Déjà c’était plus pratique pour moi, et ensuite l’idée avoir un mélange m’a beaucoup plu. Résultat le miel est à la fois doux et parfumé. Tout le monde en raffole ici.

Comment chercher le miel ?

Il existe de nombreuses techniques. Beaucoup pensent qu’il faut blesser les abeilles ou les déranger, mais pas forcément au contraire ! L’apiculteur (à notre niveau en tout cas et pour ma part ça ne changera pas) n’a aucun intérêt à blesser ses abeilles, bien au contraire. Sans parler de l’amour pour ces petites bêtes, le but est d’avoir une colonie forte, et donc de la préserver. Voici les deux techniques que j’ai retenues et qui me conviennent parmi celles qui existent :

  • Le balayage : idéal lorsqu’il n’y a pas de grandes quantités à récolter, uniquement une hausse par exemple et si les abeilles sont calmes. L’idée est de sortir cadre après cadre et d’utiliser une balayette pour faire tomber les abeilles dans le corps de la ruche. Il faut être à la fois délicat et rapide mais ça a ses avantages, comme par exemple n’y aller qu’une fois pour récolter comparé à la méthode suivante.
  • Le chasse abeille : la méthode que j’ai utilisé car c’est celle qui demande le moins de manipulation sur les abeilles. Elle consiste à mettre une plaque entre les hausses et le corps qui permettent aux abeilles de quitter les hausses et descendre dans le corps… Mais sans pouvoir y remonter. Alors il faut y aller deux fois pour récolter puisqu’il faut poser le chasse abeille la veille pour que ça ai une utilité mais elle permet de bien vider les hausses. Il peut en rester quelques unes à l’intérieur qu’il suffira de les balayer délicatement mais clairement c’est ce qui évite le plus de stimuler les abeilles..

Comment extraire le miel ?

Tout d’abord il faut désoperculer le miel. C’est à dire qu’il faut enlever la membrane qui renferme le miel. Pour cela deux solutions : le couteau ou le peigne. Ils ont chacun des avantages, tout dépend je pense de l’habitude et si les alvéoles sont bien droites ou non. J’ai préféré avoir les deux le moment venu et j’ai utilisé les deux. Le couteau permet de couper plus net plus vite et plus droit, mais le peigne permet d’éviter le gaspillage dans le cas où les alvéoles sont bombées et pas droites.
Pour l’extraire ensuite il faut mettre les cadres désoperculés dans un extracteur qui fonctionne sur le même principe qu’une centrifugeuse, électrique ou manuel. L’association dans laquelle je suis a un gros extracteur électrique. On ouvre le robinet et voilà le beau miel doré qui coule. Une passoire pour récolter les éventuels restes d’opercules et un maturateur en dessous dans lequel le miel reposera au moins deux semaines avant d’être mis en pot. Pour mettre en pot il suffit d’ouvrir le robinet à guillotine très pratique et laisser couler le miel. Quel plaisir !

Je remercie Claude, sous la vareuse et dont vous apercevez les mains, pour cette année de cours, d’explications et d’aide pour absolument tout, une personne que je suis heureuse d’avoir rencontré.