Thoreau, philosophe, naturaliste et poète incontournable, que je n’avais pas encore lu. J’avais voulu commencer Walden qu’il a également écrit mais j’ai eu peur de la longueur du roman compte tenu de la complexité et l’écriture de l’auteur. La Désobéissance civile a donc été une bonne approche pour découvrir cet auteur à la fois rebelle mais souvent très réaliste. Un livre très percutant qui est tout aussi juste actuellement. Biensûr il faut se remettre dans le contexte pour comprendre le texte. Néanmoins énormément de réflexions sont encore justes de nos jours. Il fait partie de la même collection que la Lettre sur le Bonheur d’Epicure. Une collection à tout petit prix et qui me permet de découvrir des classiques au travers de lectures courtes mais très enrichissantes. L’essai est effectivement très court, mais reste d’une écriture pointue qui nécessite plus de concentration à mon avis qu’une lecture plus banale. Ainsi un peu plus complexe mais toujours accessible si on prend le temps et qu’on le lit au calme. De plus un commentaire est proposé à la fin de l’essai et déblaie parfaitement son texte.

Généralités

Nom du livre : La Désobéissance civile

Parution : 1849

Nombre de pages : 55

Auteur : Henry David THOREAU

4ème de couverture

Poète, essayiste, mémorialiste, Thoreau est l’auteur de l’inoubliable Walden ou la Vie dans les bois. Près de cent cinquante ans après sa parution, La Désobéissance civile, qui s’ouvre sur cette pensée toujours actuelle : « Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins », demeure l’un des plus beaux pamphlets contre l’Etat qui, d’André Gide à la Beat Generation, a exercé une influence déterminante.

Mon avis

J’ai trouvé ses mots et ses réflexions si percutantes que je n’ai pas pu m’empêcher de les souligner et les noter afin de les retrouver plus facilement. Des réflexions sur la conscience, la majorité, la politique et le gouvernement qui sont à la fois étonnantes mais assez dans le vrai, aujourd’hui encore.

A quelques jours des élections présidentielles, je vous partage quelques unes qui peuvent être utiles dans les temps à venir :

« [le gouvernement] n’est que le moyen choisi par un peuple pour exécuter sa volonté, est également susceptible d’être trompé et perverti avant que le peuple puisse agir par son truchement »

« Un nombre relativement restreint d’individus qui se servent du gouvernement permanent comme d’un outil personnel »

« Le citoyen doit-il un seul instant, dans quelque mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur ? »

La lecture est courte, le français est beau et on a envie de finir anarchiste à la fin de la lecture. Bien évidemment certains de ses propos sont peut être trop poussées, trop crus ou parfois trop révolutionnaires pour être à 100% juste aujourd’hui. Mais replacé dans son contexte je trouve la force et le courage qui en dégage très inspirant.

Il nous rappelle l’essentiel : l’humain n’est pas un robot et il ne peut pas être concidéré en tant que tel dans ses tâches, ses missions, ses buts et ses choix. La majorité n’a pas forcément raison. La conscience ne devrait pas être dictée par une poignée de personnes au pouvoir agissant dans leur propre intérêt, etc.

Il s’agit donc d’une lecture accessible à mon sens, et j’encourage à chacun, peu importe ses idées, de le lire et de s’en faire une réflexion propre. Un essai rapide, mais concret et saisissant. Les mots et les tournures sont très recherchées mais ne nous noient pas. J’en reste toujours aussi perplexe. Perplexité face à certains passages face à une logique très juste des idées qu’il expose. Thoreau rêve sans doute d’une utopie, mais en même temps, pourquoi pas ? Qu’est ce que nous en savons, si nous n’essayons même pas de sortir de ce système, vrai à sa parution, et toujours aujourd’hui ? Voilà où j’en suis, après la lecture de cet essai.

Ainsi je vous laisse sur ces réflexions, j’espère vous avoir donné envie de lire ce livre et pour ceux qui l’ont déjà fait je suis très intéressée de lire vos avis.