Lucie a maintenant 9 mois et je continue de l’allaiter. Ce geste aujourd’hui si naturel et qui pourtant n’était pas une évidence avant d’être maman. Avant que la question bébé se pose je pensais ne pas vouloir allaiter. Puis lorsqu’on a commencé à en parler je me suis dit qu’en fin de compte c’était plutôt bien l’allaitement. Et lorsque je suis tombée enceinte j’en étais sure, je voulais essayer. Voici donc mon cheminement. A partir de là j’ai essayé de trouver le maximum d’informations sur le sujet et pour me préparer au mieux. Je n’ai rien fait de spécial si ce n’est m’informer… et ça a été une merveilleuse idée car je pense que c’est grâce à ça que tout s’est aussi merveilleusement déroulé.

Trouver des informations m’ont permis de ne pas stresser et ne pas me poser plein de questions, je connaissais l’essentiel pour avoir l’esprit tranquille et tout s’est donc passé naturellement.

Lorsque Lucie est née elle a été tout de suite posée contre moi. Je vous parlais de cet instant intense ici. Rapidement elle a cherché à téter nous lui avons donné la tétée d’accueil. Je dis nous car la présence du papa à la naissance et pour l’allaitement a vraiment été essentielle pour moi.

La première rencontre

A la maternité il y a eu la montée de lait, quelques petites douleurs car l’allaitement provoque des contractions (qui permettent à l’utérus de reprendre sa taille plus rapidement), quelques tiraillements et un début de gerçure combattue rapidement grâce à la lanoline. Les premiers jours peuvent donc être douloureux. Et pourtant ça a été des moments magiques. En y repensant et en voyant comme elle a déjà grandit j’ai l’impression que c’était il y a si longtemps. On m’avait dit qu’une infirmière viendrait pour m’aider à la mise au sein. Ayant accouché le soir elle a montré des signes d’éveil la nuit vers minuit et j’ai essayé de me débrouiller seule, je l’ai prise et lui ai donné la tétée. A partir de ce moment là, toutes les deux heures elle réclamait le sein et je lui donnait. Tout s’est passé naturellement, j’ai peu dormi mais ce n’était rien comparé au bonheur de ces instants juste nous deux. Ça a été pour moi l’occasion de découvrir encore mieux mon bébé, faire connaissance avec elle, vivre intensément cette naissance. Je pense que ça l’a également aidé à venir avec douceur au monde, se sentir en sécurité. Elle n’a pas pleuré une seule fois à la maternité, nous avions déjà trouvé notre équilibre, tout se passait à merveille et jamais je n’aurai imaginé que cette relation puisse être si simple et naturelle. Je pense que l’allaitement y est pour beaucoup.

Allaiter à l’extérieur

J’entends beaucoup de femmes s’inquiéter de l’allaitement à l’extérieur et en public. Autant je suis totalement contre de se mettre toute nue devant tout le monde, mais je n’ai jamais eu aucun scrupule à allaiter mon enfant en public. Que ça soit au restaurant, dans la rue, ou n’importe où. Et ça ne m’a jamais empêché d’aller quelque part, au contraire c’est même très pratique de ne pas se soucier des biberons et toute cette logistique.

Même si j’avais forcément quelques craintes, comme le reste tout s’est fait naturellement. J’ai dû trouver mes techniques pour me sentir à l’aise, qu’elle soit confortablement installée, et que tout le monde n’ai pas vue plongeante sur ma poitrine, mais ça n’a pas été bien compliqué. Voici les techniques que j’ai trouvé :

  • Des t-shirt d’allaitement, surtout le temps qu’on se sente à l’aise. J’en met encore parfois surtout pour les sorties avec des gens qu’on ne connait pas trop par exemple mais je les porte moins, au bout d’un moment on est content de retrouver sa garde robe normale…
  • Quand je met un pull : mettre un débardeur en dessous pour lever un et baisser l’autre.
  • Quand je met un t-shirt : j’ai beaucoup moins de scrupule qu’avant et je le lève (en me retournant vers un endroit où il n’y a pas de monde) tout simplement, surtout qu’avec l’été tout le monde est un peu dénudé. Pour certains t-shirt dont le col est large je baisse simplement le tissus.
  • Quand je met un chemisier : forcément c’est très pratique, on ouvre quelques boutons et c’est bon.

Alors oui, certaines utilisent des capes d’allaitement ou se couvrent d’un lange. Je pense que ça peut convenir à certaines mais je n’en ai pas ressenti le besoin. Ça m’est déjà arrivé de le faire au début mais parce que les gens à ma table semblaient gênés à ma place, mais avec le recul c’est n’importe quoi. Leur demande-t-on de se couvrir lorsqu’ils mangent ? Alors pourquoi je devrai couvrir mon bébé… Donc je ne me cache plus, j’essaie d’être discrète mais sans pour autant me sentir honteuse ou me cacher. Et vous savez quoi ? 9 mois après, jamais personne ne m’a fait de réflexion alors que je sors énormément. Je pense que d’une part les mentalités changent, et qu’ensuite ils voient que j’essaie de le faire dans le respect, et n’ont donc aucun intérêt à provoquer un conflit inutile.

Quand l’allaitement dure

Au départ je m’étais fixée 3 mois au minimum, puis une fois Lucie née j’ai rapidement compris que ça durerai plus longtemps. Vous l’aurez compris j’aime l’allaiter. Je ne vous parlerai pas de tous ses bienfaits (rdv sur le site de la LLL) mais clairement je me vois mal arrêter quelque chose d’aussi bon pour mon bébé. Ainsi les trois mois se sont transformés rapidement en “on verra”. Je me vois mal arrêter “par principe” pour faire plaisir à certains qui n’ont pas leur mot à dire sur notre vie, alors qu’elle a encore besoin de lait et que c’est le meilleur que je puisse lui donner. Si l’un ou l’autre m’ont déjà dit “tu arrêtes bientôt maintenant qu’elle est grande” les gens qui m’entourent sont soit suffisamment ouverts pour comprendre cette volonté et l’encourager, soit suffisamment respectueux pour respecter ce choix et ne plus poser la question.

Pour que l’allaitement dure, la présence et le soutien du papa dans ce choix a été primordial ici. L’échange et le partage à ce sujet est essentiel et ont permis d’en arriver là. Bien entendu, le fait d’être à la maison a été une vrai chance pour cela également.

Alors, jusqu’à quand je compte allaiter ? Et bien nous verrons. Je penses tout simplement jusqu’au sevrage naturel. C’est à dire que ça sera à Lucie et à moi d’en décider naturellement.

Mes conseils pour un allaitement réussi

Que l’on veuille allaiter 1, 3, 6, 18 mois… Je suis persuadée que tout se joue les premières heures et les premières semaines. Je vous donne mes conseils d’après ma propre expérience :

  • N’écoutez que vous, faites vous confiance, faites confiance à votre enfant.
  • Dialoguez avec le papa, incluez le dans l’allaitement. C’est l’un des point essentiel de votre allaitement.
  • Participer à un cours de préparation sur l’allaitement. Si le lieu où vous prenez les cours n’en propose pas, prenez un rendez-vous avec une sage femme conseillère en lactation.
  • Recherchez plein d’infos sur internet, triez les, gardez en tête uniquement ce qui vous arrange, oubliez le négatif que vous lirez.
  • Recherchez des infos sur le site de La Leche League : https://www.lllfrance.org/
  • Parlez-en avec vos proches mais n’écoutez pas si quelqu’un a un discours négatif : toutes (ou presque) les femmes peuvent allaiter. On vous expliquera tout ça au cours de préparation.
  • Prévoyez un soutien gorge spécial allaitement pour la clinique et achetez en d’autres après, selon la taille de votre poitrine avec l’allaitement. Et si vous ne voulez pas en acheter beaucoup prenez des soutien-gorges soubles ou triangles que vous pourrez simplement baisser. Le maintien c’est surtout important lors de la montée de lait.
  • Prévoyez des coussinets d’allaitement pour les fuites les premières semaines, au bout de 3 mois (pour ma part) ça c’est régulé et je n’en ai plus eu besoin.
  • S’il vous faut un tire lait sachez que les pharmacies en louent gratuitement sur ordonnance, pas la peine d’en acheter un.
  • A l’accouchement précisez (avec un projet de naissance c’est encore mieux) votre volonté d’allaiter. Le mieux étant le peau à peau et une mise au sein dès les premières minutes après la naissance.
  • Les premiers jours/semaines faites beaucoup de peau à peau avec votre bébé.
  • Le papa peut également faire beaucoup de peau à peau, ça lui permettra de créer également ce lien privilégié avec l’enfant.
  • Allaitez à la demande, dès les premiers jours, proposez le sein dès que bébé s’agite et cherche le sein. J’avais peur de ne pas reconnaître ces signes, mais c’est vraiment très reconnaissable.
  • Prévoyez de la lanoline pour les premiers jours afin de prévenir les gerçures.
  • Pour cela vous pouvez également faire couler une goutte de lait sur le mamelon à la fin de la tétée.
  • Demandez aux sages femmes si la mise au sein est bonne, c’est essentiel pour la poursuite de l’allaitement.
  • Les premiers jours seront surement un peu douloureux, mais sachez que ça passera, et à ce moment là il n’y aura plus que de beaux moments de partage.
  • Une fois de retour à la maison prenez le temps, savourez ce moment privilégié, essayez d’inclure le papa.
  • Si bébé dort dans sa propre chambre comme ici prévoyez-y un bon fauteuil pour pouvoir vous y installer et vous reposer un minimum lors des longues nuits.
  • Reposez-vous, hydratez-vous, mais vivez et ne vous empêchez pas de sortir !
  • Même si tout ne se passe pas comme prévu à l’accouchement ou dans ses suites, ce n’est pas pour ça que vous ne pourrez pas allaiter.
  • Et si ça ne vous convient pas, que vous n’y arrivez pas ou ne voulez pas continuer, au moins vous aurez essayé, et rien que pour ça vous êtes une maman qui déchire ! (et toutes les autres aussi hein!)

En démarrant cet article je ne pensais pas avoir autant à dire, mais bien entendu j’ai sans doute oublié plein de choses. Si vous voulez échanger sur le sujet n’hésitez pas à me contacter sur les réseaux sociaux, j’aime vraiment partager sur ce magnifique geste qu’est l’allaitement, donc si ça peut vous aider/rassurer/autre… Je suis là pour vous.